Contact à la mer 2020/ Contact by the sea 2020

Ne-pas-faire / Contact à la mer vol. 3 / Pour une pratique Somactiviste

– du 25 au 31 juillet / from 25th to 31 st of july –

For English speakers, see below

Crédit photo : Esther Génicot (Contact à la mer 2019)

Une semaine de contact improvisation en bord de mer! Il y aura des débuts de journée pour profiter des joies de la Bretagne l’été (plage, balade, visite, farniente, jam improvisée, pique-nique …), des après-midis pour rencontrer l’univers d’enseignants invités et des soirées pour jamer joyeusement!
Le programme ressemble pas mal à celui de l’an dernier avec quelques modifications. Ce sera tous les jours du 26 au 31 juillet:
– 10h à 15h : Studio ouvert un jour sur deux (soit lundi, mercredi et vendredi). Nous avons décidé de laisser l’accès libre au studio, sans proposition, pour que vous puissiez vous l’approprier ou lui préférer votre lit ou la plage 😉
– 15h -18h00 : Ateliers – cours ou laboratoires au choix – proposés par deux binômes d’enseignants dans deux studios différents
– 18h-18h30 : Dyades (2x15min) : temps de pratique d’écoute et de partage oral en binôme (déposer, élaborer une expérience en présence de quelqu’un d’autre)
– 18h30 – 19h30 : Repas
– 19h30 – 22h30 : Jams
Le 25 juillet, pour vous laisser le temps d’arriver tranquillement de vos contrées lointaines, nous nous retrouverons à partir de 17h (pour un cercle d’ouverture à 18h) qui sera suivi d’une jam jusqu’à 22h30!

Bientôt arriveront liste des profs, tarifs et formulaire pour vous inscrire !!!

Mais pour vous donner déjà un peu l’eau à la bouche, voici un petit texte qui trace les contours du territoire de recherche de cet été:

« C’est en se laissant porter qu’on entre dans la Grande Activité. » (Tchouang Tseu)

Ce que nous aimerions sentir/penser/danser ensemble, en ces temps troubles d’effondrements et de résurgences, c’est la possibilité d’un activisme somatique.
Pour point d’entrée, nous voudrions prendre un geste qui n’en est presque pas un : le geste de ne-pas-faire. Ce non-agir ( wei-wu-wei dans le chinois de Lao Tseu: agir-sans-agir) est au cœur du Contact Improvisation, qui nous entraîne à l’écoute et à la patience, qui nous apprend à suivre-les-flux et à reconnaître leurs directions. Ce non-agir est un modèle politique, parce qu’il est une pratique radicale de la suspension des binarités actif/passif : il n’invite ni au désengagement (comme parfois le font les discours éco-alarmistes qui cherchent à nous incapaciter en nous plongeant dans l’asthénie) ni à la lutte armée (qu’il est parfois nécessaire d’opposer aux violences de l’hétéropatriarcat et du capitalisme mondial intégré), mais il ouvre à un engagement d’une autre sorte : un engagement dans la non-dualité, où ne-pas-faire n’équivaut pas à se couper du monde, mais au contraire à agir/se positionner en faveur de la manifestation d’autres forces que les miennes : la gravité, l’air, le soleil, et toustes nos autres partenaires, humaines, animales, végétales, minérales, stellaires ou atmosphériques.
Et si l’une des clefs des dualismes dont nous souffrons concrètement dans nos chairs, entre homme et femmes, hétéros et pédégouines, cis et trans, blancs et noirs, culture et nature, humain et animal, était la dualité actif/passif ? Et si nous avions, dans les pratiques somatiques, dans la danse, un outil pour suspendre cette opposition binaire à la faveur d’un troisième terme, où nous ne serions ni active ni passive, mais les deux à la fois, agissantes-dans-le-non-agir ?
Dans L’usage du vide, Romain Graziani parle, à propos des sociétés contemporaines, d’une «éthique musculaire», une éthique fondée sur l’idée de la supériorité morale du mouvement volontaire. Le Contact Improvisation nous initie-t-il à une autre éthique ? Une éthique où les muscles sont non pas niés, mais du moins intégrés à un monde plus vaste, monde d’organes, de récepteurs, de sensibilités et d’écologies au-dedans et au-dehors de nous ? Une éthique où l’individu n’est pas au centre, mais impliqué, entremêlé des collectifs avec lesquels il entre en mouvement ? Une éthique du vide, plutôt que du plein ?

——— ENGLISH

Is it a whole week of Contact improvisation by the sea !

To sum up the invitation : firsts parts of the days will be dedicated to enjoy summer & local wonders (beaches, trails, visits, farniente, improv jams, picnics…). Afternoons will allow to meet invited teachers univers et evenings will be about joyfully rolling and jamming !

The schedule is quite similar to the one last year, but still, some changes occurred :

  • Timings :6 PM : Opening circle on the 25th followed by a Jam (arrival – check in should happen between 5 and 5:45 PM)
     10 AM to 3 PM : Open studio every 2 days (on monday, wednesday, friday), with no formal proposition.
    3 PM – 6 PM : Classes and labs offered by duets of teachers in two different studios.
    6 PM – 6:30 PM : Dyades (2x15min) : Practice of listening and sharing verbally in duets (elaborating one’s own experience in the presence of another)
    6:30 PM – 7:30 PM: Dinner time !
    7:30 PM – 10:30 PM: Jams

 

Soon will come teachers names, prices and link towards registration !!! 

But to mouth water you, hereunder is a text that traces the territory limits of our research for this summer :

Not-doing

Letting myself flow, I enter the Great Doing. – Zhuangzi

What we would like to sense/think/dance together, in these troubled times of collapses and resurgences, is the possibilities for a somatic activism.

As a starting point, we would like to dive in a gesture that is almost a non-gesture: the gesture of not-doing. Not-doing (wei-wu-wei in the Chinese of Lao Tzu) is at the heart of Contact Improvisation, which teaches us patience and listening, which trains us to flow, to follow the fluxes and recognize their directions. Not-doing is a political model because it is a radical practice of suspension of the binarity between active/passive: it doesn’t invite to disengagement (as some ecoalarmist discourses might do in their disempowering tendency to crush us with the catastophe-to-come) nor to armed rioting (which might be necessary, sometimes, to oppose to the violence of heteropatriarchy and world integrated capitalism); it opens to another kind of commitment: a commitment to non-duality, where not-doing isn’t a refusal to do, but on the contrary a way of doing and positioning oneself in favor of the manifestation of forces other than ours: gravity, the air, the sun, and all our partners, human, animal, plant, mineral, stellar & atmospheric.

We propose to ask: what if one of the keys to understand the dualisms we suffer from in our flesh, between men&women, between straights & queers, between cis and trans, between white and black, between culture & nature, between human and animal, was the duality between active & passive? What if we had, in our somatic practices, in our dances, the tools to suspend this binary opposition in favor of a third term, where we would be neither active nor passive, but both at once, present-in-the-not-doing?

In The Uses of the Void, sinologist Romain Graziani speaks of a “muscular ethic”, an ethic founded on the moral superiority of willful mobility. Does Contact Improvisation initiate us to another ethic? An ethic where muscles are not negated, but at the very least integrated in a larger world, a world of organs, of receptors, of sensitivities and ecologies inside and outside of us? An ethics where the individual is not at the center, but involved, enmeshed in collectives with whom he enters in movement? An ethic of the void, rather than of the full?