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Atelier gratuit

Repérer, nommer et agir pour le consentement et contre les violences en contact improvisation

Dimanches 8 mars et 19 avril 2026

DIMANCHE 10H-12H30

Gymnase de la Cour des Lions

Programme des weekends 2025-26

Quelques mots autour du consentement dans le contact improvisation ...

Ici, le texte téléchargeable : Soutenir et outiller l’espace du choix

Soutenir et outiller l’espace du choix

La pratique du contact improvisation comme entraînement

 

Les enjeux contemporains du consentement n’épargnent pas nos espaces de pratique. Quelle forme particulière prennent-ils dans le contact improvisation, où le toucher, le partage de poids et l’improvisation partagée sont la matière même du jeu ? Ces espaces peuvent être des lieux d’exposition et de vulnérabilité, mais aussi des lieux à partir desquels résister, transformer et prendre soin. Comment, dans nos espaces de pratique, de laboratoire et d’enseignement, pouvons-nous créer des conditions corporelles, relationnelles et sociales qui rendent réellement possible un consentement libre, éclairé et continuellement réajustable ?

Le contact improvisation nous invite en effet à sortir de nos habitudes sociales de distance pour dialoguer à travers le toucher avec nos partenaires de jeu. C’est un terreau fertile pour laisser émerger de la nouveauté, devenir plus perméable et sensible à l’autre et à l’environnement, pour appartenir à des dynamiques plus grandes que soi. Mais parfois cela trouble aussi l’accès à nos propres limites. Et aussi flous et aventureux que puissent être les contours qui se dessinent, les gestes intrusifs et agressifs n’y ont pas davantage leur place qu’ailleurs et les attitudes de domination y sont tout aussi intolérables – sinon moins bienvenues encore.

Jeux d’appuis mouvants et improvisés, chutes, portés, renversements, déséquilibres : la pratique nous fait traverser des situations de désorientation parfois intenses, qui mettent à l’épreuve notre capacité à nous orienter ensemble. Dans cet environnement mouvant, le sens est rarement univoque. Une pression peut être proposition d’appui, invitation à une direction, jeu de tonus … ou refus. Un silence peut être suspension, écoute … ou retrait. Un contact sur une zone socialement marquée comme intime peut relever d’un simple passage de poids à l’écoute de la dynamique partagée … ou d’une recherche déplacée d’intimité.
Cette ambiguïté est particulièrement sensible pour les personnes débutantes, qui disposent de peu de repères sur les contours de la pratique. Mais elle ne disparaît pas avec l’expérience : elle demeure au sein de la pratique. Cette labilité du sens fait la richesse du contact improvisation, autant que sa complexité : elle invite à rester ouvert·e, clair.e sur ses intentions, attentif·ve aux micro-variations et disponible à des horizons multiples.

Le corps à corps et le partage de poids rencontrent également nos constructions somatiques et affectives les plus intimes. Ils peuvent réveiller des vulnérabilités, parfois même réactiver des traces d’histoires traumatiques et rendre plus difficile la perception, l’expression ou le respect d’une limite – pour soi comme pour l’autre.

Par ailleurs, le contact improvisation s’inscrit dans l’espace social et n’échappe pas aux rapports de force qui le traversent. Les corps ne sont pas neutres : ils portent des identifications et des histoires situées (genre, âge, origine sociale, statut dans la communauté, handicap, etc.). Il en découle des rapports de pouvoir qui modulent le sentiment de légitimité, de sécurité et la possibilité même d’interrompre un mouvement, de se retirer ou d’exprimer un refus.

À cela s’ajoutent enfin des différences d’ordre physique – poids, masse musculaire, tonus, douleurs/limitations temporaires ou de longue durée, capacités acquises par la pratique comme s’orienter dans le déséquilibre, lire le mouvement d’autrui ou avoir le choix dans une palette de coordinations. Elles influencent, elles aussi, le sentiment de sécurité et l’étendue du champ des possibles, au moment où pourrait se prendre une décision.

 

Dans ce contexte, avec ces multiples niveaux, la question du consentement ne peut être réduite à un accord initial : elle traverse chaque instant du contact.
Lorsque le corps se sent suffisamment en sécurité, l’attention reste ouverte, le tonus modulable, la parole accessible : le consentement peut être nuancé, réversible, ajusté.
Mais face à une menace perçue – asymétrie relationnelle, différence de poids ou de vitesse de lecture du mouvement, déséquilibre imprévu – l’organisme peut se mobiliser ou se figer. Le champ des possibles perçus se restreint : un “oui” peut alors chercher à réduire une tension, éviter un conflit ou refléter l’inaccessibilité momentanée d’un “non“, plutôt qu’exprimer un plein accord.

Nous savons que nous allons faire des erreurs.

Alors lorsque des blessures ont été vécues – malentendus, franchissements de limites, expériences de contrainte ou de confusion – comment prenons-nous soin de ce qui a été touché ? Comment soutenons-nous la possibilité de dire, d’être entendu·e, de restaurer de la confiance, et de transformer l’expérience plutôt que de la laisser sédimenter en retrait ou en silence ? Comment générer des solidarités pour prendre en charge collectivement ces enjeux et faire de notre pratique un espace de transformation individuelle et sociale ?

 

Catherine Kych

avec la complicité de Myriam Suchet

Description de l'atelier

Le consentement n’est pas une formalité : c’est une pratique !

Un peu partout autour de nous et parfois au-dedans, la question brûle.

En contact improvisation – pratique fondée sur le corps à corps, le déséquilibre et le mouvement partagé – les dynamiques de pouvoir, de confiance et de responsabilité se rendent particulièrement visibles.

Comment créer les conditions concrètes pour que chacun·e puisse, à tout moment, décider, refuser, ajuster, être pleinement entendu·e dans ses limites ? Comment faire de nos espaces un lieu de vigilance active et de solidarité incarnée ?

Cet atelier gratuit et ouvert à toustes proposera des outils pour éclairer ces enjeux, accueillir les vécus sensibles ou douloureux et élaborer ensemble des manières de prendre soin, afin de faire de notre pratique un espace vivant de transformation individuelle et sociale.

Bienvenue !

 

Informations pratiques
  • Où? Gymnase de la Cour des lions, salle de tennis de table au 3e étage, tout au fond à droite – 9 rue Alfonse Baudin, Paris 11e
  • Quand? dimanche 8 mars et 19 avril 2026 de 10h à 12h30
  • Combien? gratuit mais l’ adhésion à l’association à faire en ligne est nécessaire comme pour toutes les activités de l’association.

  • … différentes propositions de pratique régulière du contact improvisation :

– tous les mercredis au gymnase Breguet 17h-19h :  l’atelier de contact improvisation tous niveaux

– tous les mercredis au gymnase Breguet 19h-21h: Tisser l’écoute , l’atelier de contact improvisation & pratique somatique

– tous les samedis au gymnase Breguet 10h-13h, la pratique matinale de contact improvisation

Catherine Kych danse depuis sa plus tendre enfance. La danse classique est son fil conducteur, mais à la recherche d’espaces de liberté, de jeu et de partage, elle a plongé en 2007 dans le contact improvisation. Elle s’est enthousiasmée pour cette pratique non‐normative qui offrait la possibilité de rencontrer, d’abord par le toucher et le mouvement – puis par les mots – des « autres », et de construire et déconstruire avec eux le monde.

Chemin faisant, elle s’est dotée de différents outils pour approfondir ses pratiques de danse et d’accompagnement : une formation de « Danse et Thérapie du mouvement » (avec notamment les outils de la psychopédagogie perceptive et de la fasciathérapie de Danis Bois), le D.U. « Danse et éducation somatique » de Paris VIII, une formation en Entretien d’Explicitation qui s’est trouvé être l’outil qui lui manquait pour accompagner la mise en mots de l’expérience des danseurs. Depuis elle est un membre actif du GREX (www.grex2.com), groupe de recherche sur l’explicitation fondé par Pierre Vermersch. Le D.U. « Médecine, méditation et neurosciences » de Strasbourg est venu compléter ses connaissances pratiques et théoriques sur l’attention – notamment dans les pratiques méditatives. Catherine s’est enfin formée à l’hypnose ericksonienne pour tenter de mieux comprendre les liens entre imagination, perception, langage et relation, et la manière dont ils influencent les mécanismes de création, d’apprentissage et de changement.

Depuis de nombreuses années, Catherine enseigne et organise des stages et des festivals de contact improvisation au sein de l’association « L’œil et la main » dont elle est l’une des membres fondatrices. Selon les invitations, elle assure aussi des stages et des masters classes de contact improvisation au sein de conservatoires, de CDCN ou du CND ou de festival international tel que celui de Freiburg.

Myriam Suchet cherche et se perd partout, notamment dans les espaces universiTerres et de plein air, les collectifs de vie et d’action-création. Son travail consiste surtout à traduire le français langue étrangère (FLE) en français langue étrangée : une manière de donner sa langue au chat pour nourrir une hospitalité radicale. Elle entre en contact depuis peu, explorant avec jubilation les espaces qui ouvrent des possibles encore et en corps.
Parmi ses publications récentes : l’ouvrage Sismographies du manque. Carnets 2019-2024 (Paris, Tango Girafe, 2025) ; le site ouebbe www.enfrancaisaupluriel.fr/ (réalisé avec Figures libres), le kit de désapprentissage de « la langue » (réalisé avec Les tables des matières – Alice Ferré et Elise Gabriel – au design, Pierre Tandille au graphisme). À venir : une inépuisette à cherche… Pour en savoir plus, rendez-vous sur https://horscadres.hypotheses.org/