Être un.e bon.ne partenaire d’entraînement
Garde : architecture et affects
Des vêtements aux fascias
Jeux de jambes
Afin de soutenir cette orientation, des personnes ressources seront présentes lors des stages. Elles serviront de socle et de support à l’émergence et au maintien d’une qualité d’attention et de présence au sein de cet engagement accru.
Une vigilance particulière sera portée à ce que chacun·e trouve sa place, quels que soient ses enjeux, même s’ils sont moins martiaux ou moins physiques. L’objectif est de préserver ce qui fait la richesse du groupe : un métissage rare, dans le champ des arts martiaux, de genres et d’âges.
Etre un.e bon.ne partenaire d’entraînement
26 & 27 septembre 2026
« Transmettre c’est être en mesure de dire nous à travers les dons qu’on se fait :
savoir, expériences, mots, problèmes, choses vécues, formes et significations. »
Marina Garcés
De l’école primaire, tu as peut-être hérité de la conception du rôle et du statut
hiérarchique du/de la « maître.esse » d’école : c’est la personne qui possède et
transmet le savoir à la personne qui ne le possède pas. Point.
Le souvenir que j’ai de l’école c’est surtout celui de devoir me tenir bien, bien droit,
bien silencieux, bien tranquille pour écouter et retransmettre…
La pédagogie des arts martiaux, héritée du cadre militaire remet rarement en
question cet imaginaire : le prof possède le savoir // l’élève le reçoit.
Pourtant, il est relativement clair, en tout cas pour moi, qu’en tant que partenaire
d’entraînement, je contribue à créer possible (ou pas !) les conditions de
l’apprentissage. Et que donc la responsabilité pédagogique est bien distribuée sur
l’ensemble des personnes présentes en tant qu’elles créent (ou pas !) une ambiance
propice à l’apprentissage.
Parce qu’apprendre c’est accepter de ne pas savoir, de se planter, et donc d’être vulnérable
(parce que vu.e) – bref parce qu’apprendre s’inscrit dans une ambiance tissée d’affects
partagés, apprendre c’est toujours apprendre ensemble.
Dans ce stage nous clarifierons comment se placer au mieux dans cette posture mixte
d’apprenti et d’apprenant avec tout ce que ça comporte de fragile et de casse-gueule pour
pouvoir faire-école-ensemble.
Garde : architecture et affects
28 & 29 novembre 2026
« Épouse et n’épouse pas ta maison. » René Char
Le positionnement du Systema sur la question de la garde est à la fois simple et
radical : pas de garde fixe ! Pas de garde fixe comme il peut y en avoir en boxe, en
lutte ou même dans certains styles de self défense.
Si la garde ne s’exprime pas par une architecture figée, certains de ses principes
importent pourtant : percevoir et protéger sa ligne centrale, trouver un compromis
entre mobilité et enracinement etc
Même la relaxation, dont on causes si souvent en Systema, a à faire avec la garde –
dans un aspect affectif cette fois : comment ne pas se laisser emporter par la colère,
la peur ou l’orgueil durant un conflit ? Certains enseignants qui s’inspirent de la
mystique chrétienne la rapprochent de la garde du cœur.
Même sans forme fixe, une sorte de garde existe donc, prise dans des enjeux
frictionnels à la fois physiques, émotionnels voire spirituels pour certain.es : protéger
mais être en mesure d’agir, être calme mais réactif, ancré et mobile, vigilant mais
sans tension excessive…
Ce stage tentera de saisir les contours mouvants de ce que peut être en Systema une
garde dont la forme évolue selon les situations.
Des vêtements aux fascias
23 & 24 janvier 2027
« Avec les ans, tu as appris à te fabriquer une écorce, même fine, même trouée, et tu
sens qu’elle te protégera, tu peux maintenant prendre le risque de la tendresse. »
Louise Dupré
Les vêtements, la peau brossent des contours entre limite et porosité. On pourrait
légitimement parler de leur fonction de seuil, de sas entre le monde et soi, ou encore
du moi-peau cher à Anzieu, mais ce qui va nous intéresser lors de ce stage
concernera plutôt les possibilités de connexion et d’articulation permises par ces
tissus, tout autant que les qualités qui nous permettent d’y accéder : lenteur et
tendresse.
Pour prendre contact avec les fascias, impossible d’y échapper. Toute brusquerie,
toute approche trop frontale nous mettra en présence de notre squelette, du sol dur,
voire du système musculaire mais pas de ces fins tissus, entre écorce et dentelle, et
des qualités motrices et affectives qui y sont rattachées.
Mais voilà, nous pratiquons des arts martiaux, et cela nous posera vite la question :
comment conjuguer la tendresse dont nous avons besoin pour accéder aux sensations
tissulaire avec de la vitesse, de la puissance et des enjeux de confrontation ?
Jeux de jambes
6 & 7 mars 2027
« Un jour / un jour, bientôt peut-être / un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon
navire loin des mers / Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que
rien / Je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche. » Henri Michaux
Une des premières qualités recherchées dans les arts martiaux serait peut-être
l’ancrage. Et si elle est fort utile pour trouver de la puissance et de l’appui, très
rapidement on voudra alléger, dynamiser, rendre agile notre mouvement.
Toutes ces qualités vont passer par nos jambes, même au sol où la mobilité des
hanches a une importance cruciale.
Il va donc falloir se confronter à la possibilité du déséquilibre, du cassage de gueule,
dés-agripper le sol, oser la torsion, lâcher notre territoire, le déplacer – tout un tas de
compétences à la fois motrices et affectives pour que nos jambes puissent trouver du
jeu.
Dans ce stage les jambes seront donc à l’honneur dans de multiples situations allant
de la simple marche aux plus complexes stratégies de placement et d’esquive de
hanche du combat au sol, en passant par des repoussés, palpés et autre habiles
crochetages…
Distribuer le poids
17 & 18 avril 2027
« Si la sensation de la pesanteur est fortement liée à la dimension imaginaire de la
conscience qui l’affecte, le premier travail du danseur consiste à comprendre cette
co-influence du physique et du psychique, ce couplage subtil à partir duquel il
pourra à loisir diversifier ses masses, dilater ou au contraire rétracter la densité de
ses tissus, et partant, lester son monde de tout un nuancier gravitaire. »
Alice Godfroy
Souvent quand on cause de poids, on a tendance à imaginer un vecteur vertical strict,
genre je pèse vers le centre de la Terre. Et certes le poids étant la résultante de la
masse et de la composante gravitaire, il y a de ça…
Sauf que c’est oublier que nous sommes un corps sensible et animé ! Peut-être tu te
rappelles ce son ou cette odeur qui, avant même que tu ne tournes la tête, la fait
discrètement pencher. Cette joie qui redresse et donne de l’allant – et qui fait verser
un peu du poids de la poitrine vers l’avant.
La posture est prise par ces élans de mouvements, d’affects, de perceptions qui la
modulent, la tordent discrètement et en font répartir son poids d’une manière
tellement singulière qu’elle peut permettre à ton/ta pote de lire à travers elle tes
attentions/intentions.
Dans cet atelier, on verra comment jouer des intentions, des affects, des attentions
pour apprendre à distribuer le poids stratégiquement dans le cadre d’un échange
martial.
Le Systema est un art martial libre et instinctif d’origine russe. Sa méthode novatrice, m’a amené à collaborer avec des circassiens, des danseurs, des musiciens, des personnels soignants… Elle repose non pas comme c’est le cas classiquement sur un apprentissage technique mais sur des principes génériques et transversaux lui permettant de dépasser le cadre strictement martial. Son objectif, à travers l’exploration et la transformation d’habitudes perceptives et motrices est de conduire le pratiquant à une grande adaptabilité. L’enseignement se base donc sur l’apprentissage de principes liés au combat et à la vie de tous les jours qui favorisent l’improvisation en toute circonstances. Particulièrement bien adapté aux personnes nécessitant de conserver une présence calme et sensible en conditions stressantes, le Systema se sert du support martial comme d’un prétexte pour être à même de transposer ces compétences à n’importe quelle situation du quotidien (anxiété, douleurs chroniques, examens, accidents de la vie courantes… ) ainsi qu’à des pratiques cousines se posant la question de l’improvisation telles que la danse, le théâtre ou le cirque.
Loïc Santiago possède un Brevet d’État d’Éducateur Sportif 1er degré dans sa première discipline, le Yoseikan Budo. Il se passionne depuis 2010 pour le Systema, discipline dans laquelle il est Instructeur Complet (Full Instructor ) en se formant d’abord à Paris avec Jérôme Kadian puis depuis 2012, tous les ans à Toronto et à Moscou auprès de Vladimir Vasiliev, Emmanuel Manolokakis et bien d’autres. Parallèlement il butine tant le Yoga du Cachemire d’Eric Baret, que le Contact Improvisation, où les pratiques somatiques (Mouvement sensoriel, BMC, Feldenkrais, Alexander…) avec joie et gourmandise.
Charte de pratique du systema au sien de l'association
Le systema, tel qu’on se propose de le pratiquer ensemble, est une pratique martiale collective qui implique des savoir-faire corporels, attentionnels, émotionnels et relationnels.
En s’entraînant ensemble à clarifier, affirmer et protéger ce à quoi l’on tient, la pratique du Systema peut parfois nous confronter à nos limites, faire émerger des situations délicates ou révéler certaines vulnérabilités, y compris chez des participant·es expérimenté·es. Mais elle ouvre aussi la possibilité de développer ensemble une attention plus fine à soi et aux autres, d’affiner nos capacités d’ajustement et de faire évoluer nos manières d’habiter la confrontation et l’entraînement, en nous éloignant des imaginaires qui associent trop facilement engagement et dureté – voir domination – ou apprentissage et performance.
La pratique devient ainsi un espace où l’on peut expérimenter différentes manières de rencontrer l’incertitude, de préserver sa liberté d’action et de prendre en compte l’autre.
Cette charte vise à soutenir la cocréation d’espaces d’exploration et d’improvisation où chacun·e puisse développer progressivement sa conscience de soi, sa communication, sa capacité d’ajustement et son sens du consentement, dans un cadre de pratique joyeux, stimulant, impliquant et respectueux.
1. Prendre soin de soi et des autres
- Je prends soin de moi, des autres et de l’espace partagé, en tenant compte de mes possibilités du moment et de celles de mes partenaires.
- Je privilégie des contacts attentifs, réciproques et au service de l’entraînement.
- Je respecte les cadres posés par les animateur·rices.
- Le systema implique un apprentissage progressif qui demande du temps et de la pratique encadrée.
2. Cultiver le consentement
- Le consentement est au cœur de la pratique et peut évoluer à tout moment.
- Chacun·e est libre d’accepter, de refuser ou d’interrompre une interaction, sans justification.
- L’absence de refus explicite ne vaut pas consentement.
- J’accorde de l’attention aux signes de confort comme d’inconfort, chez moi comme chez les autres.
- En cas de doute, je privilégie une communication explicite et verbale.
- Toute forme de violence, de harcèlement ou de comportement sexualisé est incompatible avec cet espace.
- Si une situation me paraît préoccupante, j’en informe l’équipe d’organisation.
Cette attention au consentement demande parfois de l’audace, de l’effort et de la persévérance. Elle se construit à travers la pratique et nous nous proposons de nous soutenir dans ce processus.
3. Dialoguer
- Je m’efforce de communiquer mes besoins, mes limites et mes ressentis de manière claire et respectueuse.
- Lorsqu’une difficulté apparaît, je privilégie le dialogue avec les personnes concernées ou, au besoin, avec les référent·es de l’association.
- J’accueille la parole et le vécu des autres sans les minimiser ni les contester, même lorsque leur perception diffère de la mienne.
- J’accepte de prendre un temps de dialogue avec les personnes responsables du cadre, si elles le jugent nécessaire.
4. Faire vivre un espace accueillant
- Dans les temps de partage d’expérience, je veille à formuler mon vécu à la première personne, en reconnaissant qu’il est situé et qu’il ne vaut pas pour généralité.
- Je contribue à une pratique ouverte à toutes et tous, quels que soient le genre, l’âge, l’origine, la culture ou le niveau de pratique.
- Je participe aux activités de l’association dans un esprit de coopération, d’apprentissage, de partage et de curiosité, dans le respect des singularités de chacun·e.
- Si des comportements incompatibles avec cette charte continuent à se produire malgré un temps de dialogue avec les personnes responsables, l’association pourra prendre des mesures nécessaires, pouvant aller jusqu’à l’exclusion temporaire ou définitive.
5. Limites, perception et relations dans la pratique
Ce qui suit propose des éléments de compréhension de ce qui peut rendre la perception et l’expression des limites parfois difficiles.
Nos corps sont situés dans des contextes sociaux et relationnels : genre, âge, origine sociale, validité ou handicap, statut dans le groupe, expérience de la pratique, … Ces éléments influencent la manière dont on peut se sentir autorisé·e – ou non – à dire « non », à ralentir, à s’arrêter ou à sortir d’une situation. Ces dynamiques ne relèvent pas de décisions individuelles. Elles structurent souvent collectivement, de manière systémique et souvent non consciente, la perception de ce qui est légitime, dicible ou audible.
À cela s’ajoutent des dimensions plus situées et changeantes : fatigue, surcharge émotionnelle, histoire personnelle réveillée par la pratique, désorientation, désir de faire plaisir, besoin d’appartenance ou différences physiques. Elles influencent, elles aussi, parfois de manière très subtile, la possibilité même de percevoir une limite (en soi ou en l’autre), de l’exprimer et de la respecter.
Dans la pratique, l’attention aux limites ne repose pas uniquement sur chacun·e isolément. Elle se construit dans la relation, dans la qualité de présence partagée et dans la conscience de ces différents enjeux.
6. La place des personnes ressources
Les personnes ressources sont des pratiquant·es qui, par leur expérience et surtout par leur capacité à se mettre en posture d’apprenant·e, contribuent à soutenir la qualité des espaces de pratique. Leur rôle n’est pas d’expliquer, de montrer ou de corriger, ni de se substituer aux personnes qui encadrent la séance.
Il consiste avant tout à incarner une manière d’apprendre : être curieux·se, attentif·ve à ce qui se passe, essayer, se tromper, ne pas savoir, rester disponible à l’incertitude, reconnaître ses propres limites et ajuster son engagement à ses limites et à celles de ses partenaires.
Être une personne ressource implique ainsi une responsabilité particulière quant à la qualité relationnelle de l’espace, sans pour autant conférer de pouvoir particulier sur les autres participant·es.
Comme chacun·e, elle reste tenue par le cadre commun de cette charte et peut, lorsqu’une situation le nécessite, solliciter les personnes responsables de l’encadrement ou de l’organisation.
Charte rédigée par Catherine Kych,
avec les regards complices de Myriam Suchet, Astrid Le Jeune & Loïc Santiago
dans le cadre des cycles de Systema, organisé par l’association L’œil & la main
Première version : août 2026
Informations pratiques
- Où ?
Gymnase de la Cour des lions, salle de tennis de table au 3e étage, tout au fond à droite – 9 rue Alfonse Baudin, Paris 11e
- Quand ?
26 & 27 septembre 2026
28 & 29 novembre 2026
23 & 24 janvier 2027
6 & 7 mars 2027
17 & 18 avril 2027
samedi: 15h – 19h (10h-13h: possibilité de participer à la pratique de contact improvisation du samedi matin au gymnase Breguet. Puis de déjeuner au Grand Breguet. Nous, en tout cas, on y sera! )
+ dimanche : 10h – 18h (avec une pause déjeuner)
Les participations partielles ne sont pas possibles.
Les enfants peuvent participer au stage. S’ils ont 10 et 14 ans, ils doivent être accompagnés de leurs parents et au dessus de 14 ans, un simple accord parental est nécessaire.
- Combien?
Il existe plusieurs formules d’inscription favorisant les participations régulières au cycle.
- Tarif early bird jusqu’au 22 juillet 2026 : le cycle entier des 5 week-ends : 450€
- Le cycle entier des 5 week-ends : 500€
- Le week-end à l’unité s’il reste des places : 120€
Note : Si vous souhaitez vous inscrire pour le cycle complet et bénéficier de son tarif réduit, assurez-vous d’être disponible sur l’ensemble des dates. Cette inscription est un engagement réciproque et il vaut pour l’ensemble des dates. Si votre planning est amené à bouger, préférez une inscription aux week-ends à l’unité, au fur et à mesure que vos disponibilités se précisent. Merci de votre compréhension ! 🙂
- Inscriptions – https://forms.gle/SUgYT1gtytZWEWWa8
- Facebook – https://fb.me/e/80NTDEcTT
- Contact – systema.lolm@gmail.com





