- Cartographie du Systema -

Premier atelier : 14 & 15 janvier 2023
Apprendre à apprendreétude et improvisation

Deuxième atelier : 18 & 19 mars 2023
Puissance et sensibilitéarts du silence

Troisième atelier : 13 & 14 mai 2023
Affirmer sa signaturecréation, collectif et singularités

Alors que nous proposerons ailleurs, à Lorient notamment, des stages d’immersion de cinq jours, cette série d’ateliers correspond à une volonté de s’étaler dans un temps plus long afin de pouvoir établir une cartographie de base du Systema.

L’idée d’une cartographie est d’acquérir des repères afin d’être à même de s’orienter de manière autonome dans l’univers vaste et complexe de cet art de la rencontre.

Là où la majorité des arts martiaux débutent à l’endroit de la confrontation, notre vision de la pratique martiale propose d’envisager la rencontre depuis son endroit d’incertitude, d’imprévisibilité – où l’on ne sait pas encore si celle-ci basculera vers le partage d’un café en terrasse, une courtoise ignorance, la nécessité de fuir ou d’agir au plus vite pour écourter ladite rencontre.

Cette façon de ne pas cantonner la pratique du Systema à l’univers de la confrontation permet son articulation claire avec l’éthique comprise comme  art de clarifier, affirmer et protéger ce à quoi l’on tient.

L’enjeu premier du Systema sera d’aborder le mouvement depuis son articulation avec la perception et l’affect. Affiner notre sensibilité nous permettra de percevoir plus clairement les qualités se dégageant des ambiances et atmosphères propres tout autant aux lieux, qu’aux objets ou aux personnes. Reconnaître derrière ces perceptions l’affect qui les structure permettra de nous en servir comme d’une boussole afin d’être à même de s’orienter dans une pièce comme dans la vie !

Durant ces trois ateliers, nous proposerons une évolution qui balaiera ces notions et, si un travail personnel les prolonge, permettra d’ancrer une bonne base pratique – une cartographie à même de nous guider dans nos pérégrinations martiales.

Premier atelier : 14 & 15 janvier 2023
Apprendre à apprendre
étude et improvisation

 

 

Inscription

 

« Don’t improve, improvise ! » F. Moten et S. Harvey

Dans leur ouvrage Les sous-communs, Moten et Harvey définissent une conception originale de l’étude comme improvisation troublée et fugitive. Loin de vouloir acquérir des compétences à même de lui permettre de maîtriser et structurer le chaos, l’étudiant.e est pour eux cellui qui consent à agir joyeusement par, dans et depuis son amateurisme.

Étudier, c’est « ce moment qui m’apparaît comme le plus intéressant, parce que c’est le moment où ta pré-maturité, ton immaturité, ton n’être-pas-prêt.e sont aussi une sorte de disposition à être affecté.e par d’autres, dépossédé.e et possédé.e par d’autres. »[1]

Étudier c’est prolonger ce moment trouble et troublant de ne-pas-savoir : « On se doit les un.e.s aux autres l’indéterminé ».

Étudier c’est, plutôt que de prétendre connaître et de calquer un savoir de force sur le réel, permettre à l’inouï propre à toute situation de nous affecter. C’est, dans et depuis le chaos, continuer d’apprendre et d’improviser sans jamais figer aucun de ces deux gestes.

Improviser de la sorte, requiert certaines compétences. « Je ne crois pas qu’il s’agisse d’être complètement passif.ve à ce sujet et de dire « fais ce que tu veux ». ». Et néanmoins, l’étude n’est pas, pour eux, cet espace réglementé et ordonné, balisé d’une simple progression. Ce n’est donc pas (se) corriger. C’est plutôt – chose trompeusement simple ? – improviser et penser cette improvisation, ensemble.

Je proposerai plusieurs gestes à même de soutenir cette conception (ou tout du moins ce que j’en comprends!) de l’étude :

  • profiter de sa vulnérabilité, de son ne-pas-savoir, ne-pas-comprendre pour évoluer
  • transformer collectivement son rapport à l’échec : oser jouer et… se tromper
  • ne pas conclure mais démultiplier sa curiosité et ses questionnements
  • repérer et prendre soin du particulier, de l’inouï propre à toute situation
  • se remémorer, rendre hommage aux découvertes, les reconnaître et les ancrer pour aller au-delà

[1]Toutes les citations suivantes sont extraites du livre suivant : Les sous-commun, planification fugitive et étude noire, Stephano Harvey et Fred Moten, Brook, 2022

 

Deuxième atelier : 18 & 19 mars 2023
Puissance et sensibilitéarts du silence

Inscription

 

« Là aussi, dans le silence des astres, des éclairs et de la lune noire. Dans l’abîme des mers et l’abîme des airs. Encore là, dans les gorges montagneuses côtoyant les cimes. Sa puissance nous transformait. Son âme vivait en nous. Toute vie en était fortifiée. Sans parler, tout nous parlait. » Pierre Cendors

« T’oublieras pas de bien fermer ta gueule. » Group Berthe

Il est courant d’entendre, à propos d’un combattant.e comme d’un.e danseureuse qu’iel est bavard.e. Sans même parler, ses mouvements nous témoignent pourtant quelque chose de l’ordre d’une agitation, d’un bruit.

A l’opposé et ce malgré parfois l’extrême vitesse et/ou complexité de ses mouvements, quelqu’un.e pourra nous paraître silencieux.se. Et l’éclat de ses gestes de réhausser la densité de sa présence tranquille.

Dans cet atelier, nous voulons présenter comment sensibilité et puissance s’articulent avec et émergent depuis le silence. En dire plus sur ce thème serait malvenu…

Bienvenue à ce deuxième volet de notre série de 3 ateliers pour une cartographie du Systema !

https://fb.me/e/2xq16QWdL

 

 

Troisième atelier : 13 & 14 mai 2023
Affirmer sa signaturecréation, collectif et singularités

 

 

Informations et inscription à venir …

Le Systema est un art martial libre et instinctif d’origine russe. Sa méthode novatrice, m’a amené à collaborer avec des circassiens, des danseurs, des musiciens, des personnels soignants… Elle repose non pas comme c’est le cas classiquement sur un apprentissage technique mais sur des principes génériques et transversaux lui permettant de dépasser le cadre strictement martial. Son objectif, à travers l’exploration et la transformation d’habitudes perceptives et motrices est de conduire le pratiquant à une grande adaptabilité. L’enseignement se base donc sur l’apprentissage de principes liés au combat et à la vie de tous les jours qui favorisent l’improvisation en toute circonstances. Particulièrement bien adapté aux personnes nécessitant de conserver une présence calme et sensible en conditions stressantes, le Systema se sert du support martial comme d’un prétexte pour être à même de transposer ces compétences à n’importe quelle situation du quotidien (anxiété, douleurs chroniques, examens, accidents de la vie courantes… ) ainsi qu’à des pratiques cousines se posant la question de l’improvisation telles que la danse, le théâtre ou le cirque.

Loïc Santiago possède un Brevet d’État d’Éducateur Sportif 1er degré dans sa première discipline, le Yoseikan Budo. Il se passionne depuis 2010 pour le Systema, discipline dans laquelle il est Instructeur Complet (Full Instructor ) en se formant d’abord à Paris avec Jérôme Kadian puis depuis 2012, tous les ans à Toronto et à Moscou auprès de Vladimir Vasiliev, Emmanuel Manolokakis et bien d’autres. Parallèlement il butine tant le Yoga du Cachemire d’Eric Baret, que le Contact Improvisation, où les pratiques somatiques (Mouvement sensoriel, BMC, Feldenkrais, Alexander…) avec joie et gourmandise.

Informations pratiques:

  • Quand ?

14 & 15 janvier 2023 / 18 & 19 mars 2023 /13 & 14 mai 2023

samedi: 15h19h (10h-13h: possibilité de participer à la pratique de contact improvisation du samedi matin au gymnase Breguet. Puis de déjeuner au Grand Breguet. Nous, en tout cas, on y sera! )

+ dimanche : 10h18h (avec une pause déjeuner)

Les participations partielles ne sont pas possibles.

Les enfants peuvent participer au stage. S’ils ont 10 et 14 ans, ils doivent être accompagnés de leurs parents et au dessus de 14 ans, un simple accord parental est nécessaire.

 

  • Combien? 250€ le cycle des trois week-ends (100€ le stage à l’unité, s’il reste de la place au moment où nous ouvrirons les inscriptions pour chaque stage individuellement)