La fabrique des possibles

Attention, exceptionnellement, pas d’atelier mercredi 25 mai 2022!

Pour info: le dernier atelier de l’année aura lieu mercredi 29 juin 2022.

Je me suis formée à l’hypnose ericksonienne, car j’avais l’intuition que la danse et l’hypnose avaient des choses à se dire. Ma formation finie, mon intuition s’est confirmée et j’ai eu envie d’explorer ce que les états d’absorption permettent d’ouvrir en soi, dans ses perceptions, ses manières d’être et de faire. Explorer aussi comment l’imaginaire ne s’oppose pas au réel mais vient l’étendre de possibles bientôt puissances.

Dans cet atelier-laboratoire, je vous propose d’apprendre à vous glisser en deçà de vos cartes du monde habituelles, pour laisser la place à une sensorialité vivante, un rapport au monde souple et créatif.

Il suffit parfois de suspendre, un temps, le réel, de s’autoriser à plonger dans une image, une sensation pour réenchanter notre monde, trouver de nouvelles manières de l’habiter et en ramifier encore et encore sa compréhension et nos manières d’interagir avec lui.

Le retour de plongée laisse en cadeau la certitude que nous contribuons activement à construire le réel, que rien n’est donné ou figé et qu’il est possible de sortir de nos propres sentiers battus, si l’on lève un peu le nez de nos cartes et que l’on se laisse guider par la curiosité et la joie enfantine d’explorer ce que l’on ne connaît pas encore ; là où tout est possible.

 

La première partie de l’atelier-laboratoire sera une plongée guidée qui vous amènera à habiter/explorer un imaginaire (différent chaque semaine).

La deuxième partie sera laissé ouverte, sans guidage, afin que chacun puisse prolonger, décaler ou intégrer à sa façon la plongée.

Enfin nous aurons un temps d’échange à la fin pour apprendre les uns des autres de ce travail autour de l’imaginaire et des états d’absorption.

 

Suspendre ses catégories, ses modes de perception routiniers, plonger physiquement dans ce qui apparaît comme autre ou imaginaire, se décaler, un temps, de soi fait partie des pratiques des danseurs et des artistes en général. Ces mercredis après-midis, nous prendrons le temps d’approfondir, de décliner et de goûter ces gestes-ci ainsi que leurs effets sur nos pratiques respectives (de danse ou d’autre chose).

Cet atelier-laboratoire ne s’adresse donc pas qu’aux danseurs, il s’adresse à toute personne curieuse de se donner un espace pour sortir de ses habitudes de penser, de bouger et de percevoir. Chacun aura la liberté d’habiter les propositions à sa façon singulière et unique et nous serons riches de ces différences.

 

Enfin, je ne résiste pas au plaisir de citer François Roustang pour conclure cette petite invitation…

« L’induction a pour visée la destruction de notre système de coordonnées figé ou restreint et, par le fait même, de nous ouvrir, fût-ce quelques instants, à un nouveau complexe relationnel souple et ample. La force qui est alors ressentie naît du fait que nous ne disposons plus seulement de nos propres forces, mais de toutes celles qui nous octroyées par le réseau multiforme dans lequel nous sommes placés et par lequel nous acceptons d’être façonnés. La force ou la faiblesse d’un vivant humain est une fonction relationnelle. Si les liens aux autres et au monde sont limités en nombre et en qualité, ou bien s’ils reproduisent toujours les mêmes formes, nous demeurons exténués (…); si, au contraire, ces liens sont innombrables et toujours prêts à s’adapter aux fluctuations de l’environnement, alors la puissance est à notre porte.

Le lâcher-prise que suscite l’induction (…) a précisément pour effet d’ouvrir les portes et les fenêtres de notre demeure pour y laisser pénétrer le souffle porteur de toutes les formes d’autres vies. On saisit là que l’hypnose induite, ce que l’on nomme aussi l’état de transe, est très loin de se réduire à une agréable relaxation ; elle est par nature l’expérimentation d’une tonicité générale. La détente s’identifie au laisser-venir de l’extérieur tout ce à quoi nous nous opposions par notre pseudo-maîtrise, qui n’était qu’une fermeture. En revanche, la tonicité n’est rien d’autre que l’immersion dans les courants multiples auxquels est soumis un vivant dans son rapport avec tous les vivants. »  p. 35-36

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« Ce qui fait obstacle au changement, c’est notre façon répétitive de percevoir et de comprendre les choses de notre existence. Or ses stéréotypes sont soutenus et consolidés par des pensées et des jugements qui ne sont plus en contact avec les fluctuations de la vie. Notre sensorialité est endormie par nos savoirs préalables. »  p.66

 

Extrait de « Savoir attendre pour que la vie change » François Roustang

 

Où?  Gymnase Breguet – Salle de danse au 2e étage – 27 rue Breguet 75011 Paris

Quand?  Tous les mercredis de 13h30 à 15h30 sauf pendant les vacances scolaires / sans réservation

Combien?  Participation libre et consciente à partir de 5€ + adhésion à l’association

Renseignements:  lafabrique.lolm@gmail.com 

Facebook: https://fb.me/e/3msV926cU

 

Qui? Catherine Kych danse depuis plus de trente ans. La danse classique est son fil conducteur, mais à la recherche d’espaces de liberté, de jeu et de partage, elle a plongé en 2007 dans le contact improvisation. Elle s’est enthousiasmée pour cette pratique non‐normative qui offrait la possibilité de rencontrer, d’abord par le toucher et le mouvement – puis par les mots – des « autres », et de construire et déconstruire avec eux le monde.

Chemin faisant, elle s’est dotée de différents outils pour approfondir ses pratiques de danse et d’accompagnement : une formation de « Danse et Thérapie du mouvement » (avec notamment les outils de la CNV et de la pédagogie perceptive de Danis Bois), le D.U. « Danse et éducation somatique » de Paris VIII, une formation en Entretien d’Explicitation qui s’est trouvé être l’outil qui lui manquait pour accompagner la mise en mots de l’expérience des danseurs. Depuis elle est un membre actif du GREX (www.grex2.com), groupe de recherche sur l’explicitation fondé par Pierre Vermersch. Le D.U. « Médecine, méditation et neurosciences » de Strasbourg est venu par ailleurs compléter ses connaissances pratiques et théoriques sur l’attention – notamment dans les pratiques méditatives. Et enfin dernièrement, Catherine s’est formée en hypnose ericksonienne pour tenter de mieux comprendre les liens entre imagination, perception, langage et relation, et la manière dont ils influencent les mécanismes de création, d’apprentissage et de changement.